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Livrables et validation 4 min de lecture

Procès verbal de recette informatique : le modèle

Sur un projet logiciel ou un site internet, la recette est le moment où le client vérifie que ce qui a été livré correspond à ce qui a été commandé. Sans procès verbal, ce moment n'existe pas : le projet glisse dans une zone grise où personne ne sait s'il est terminé, et où les correctifs gratuits s'enchaînent pendant six mois.

Voici le document, la manière de qualifier les réserves, et ce qui déclenche le solde. Notre page sur la validation des livrables client traite du sujet pour les autres types de production.

Ce que la recette informatique a de particulier

Elle ne se juge pas à l'œil. Une maquette se valide en la regardant ; un site se valide en l'utilisant, sur plusieurs navigateurs, avec des données réelles, et en essayant de le mettre en défaut.

Trois conséquences pratiques.

  • La recette suppose un référentiel : le cahier de recette, qui liste les cas à vérifier. Sans lui, le client teste ce qui lui vient à l'esprit, et la recette n'a pas de fin.
  • Elle se déroule dans un environnement dédié, pas en production. Un client qui recette sur le site en ligne découvrira des erreurs que ses propres visiteurs voient déjà.
  • Elle a une durée. Dix jours ouvrés est l'usage sur un projet de taille moyenne. Passé ce délai, la recette est réputée acquise.

Le cahier de recette

Il se rédige avant la livraison, pas pendant. Une ligne par cas, avec trois colonnes : ce qu'on fait, ce qu'on attend, ce qu'on obtient.

  • Soumettre le formulaire de contact avec un courriel invalide — attendu : message d'erreur sous le champ, formulaire non envoyé.
  • Ajouter un article au panier depuis la fiche produit — attendu : compteur du panier incrémenté, article visible dans le panier.
  • Afficher la page d'accueil sur un téléphone en 375 pixels — attendu : aucun défilement horizontal, menu accessible.

Trente à cinquante cas suffisent pour un site vitrine, deux cents pour une application métier. Ce document est le seul moyen de transformer « ça ne marche pas » en une observation traitable.

Le modèle de procès verbal

Procès verbal de recette — projet Maison Verrier, refonte du site

Date : 12 juin 2026. Version recettée : 2.4.0. Environnement : préproduction.

Présents : Antoine Verrier (client, décideur), Nadia Kessler (client, contenus), [nom] (agence, direction de projet).

Périmètre : les 9 pages du site, le formulaire de contact, l'espace d'administration des contenus, tels que décrits au devis n° 2026-0142.

Résultat : recette prononcée avec réserves.

Réserves bloquantes — aucune.

Réserves mineures

  • R1 — Le formulaire de contact n'envoie pas d'accusé de réception à l'expéditeur. Correction attendue pour le 19 juin.
  • R2 — Sur téléphone, le menu se referme au premier appui. Correction attendue pour le 19 juin.
  • R3 — La page Collections affiche les articles dans l'ordre de création et non dans l'ordre choisi. Correction attendue pour le 26 juin.

Effets : la mise en production est autorisée. Les réserves mineures seront levées dans les délais indiqués, sans nouveau procès verbal. La facture de solde est émise à la date du présent document.

Signatures : pour le client, pour le prestataire.

Bloquant ou mineur : la qualification qui compte

C'est le cœur du document, et la source de tous les désaccords. Une règle simple tranche presque tous les cas.

  • Bloquant : la fonction commandée est indisponible, ou elle produit un résultat faux. Le paiement échoue, les données sont perdues, une page ne s'affiche pas.
  • Mineur : la fonction marche, mais imparfaitement. Un espacement, un libellé, un ordre d'affichage, un comportement inattendu sans conséquence.

Une réserve bloquante suspend la recette et repousse le solde. Une réserve mineure ne l'empêche pas. Écrivez cette distinction au devis, avant la livraison : discutée le jour de la recette, elle devient un rapport de force.

Les trois issues possibles

  • Recette sans réserve — rare, et à traiter avec méfiance. Un client qui signe sans une seule observation n'a probablement pas testé.
  • Recette avec réserves — le cas normal. La livraison est acceptée, les corrections sont datées, le solde est facturé.
  • Refus de recette — motivé, avec la liste des réserves bloquantes, et une nouvelle date de livraison. Un refus non motivé n'est pas un refus.

La clause d'acceptation tacite

Elle règle le cas le plus courant : le client qui ne recette pas. Une phrase au devis suffit.

À défaut de procès verbal signé ou de réserves écrites dans les dix jours ouvrés suivant la mise à disposition, la recette est réputée acquise sans réserve.

Sans cette clause, un projet livré en juin peut rester ouvert en novembre, avec un solde impayé et une équipe qui répond encore à des demandes. Avec elle, le silence conclut le dossier.

Après la recette

La recette ouvre la garantie, elle ne la ferme pas. Distinguez deux périodes au devis : la levée des réserves, courte et datée, puis la garantie de bon fonctionnement, en général trois mois, qui couvre les anomalies découvertes en usage réel.

Ce qui n'est ni une réserve ni une anomalie est une évolution, donc un avenant. C'est la frontière que le procès verbal rend lisible, et c'est pour cela qu'il se signe.

Ce qu'il faut retenir

  • Pas de recette sans cahier de recette écrit avant la livraison.
  • Recettez en préproduction, jamais en production.
  • Bloquant ou mineur : définissez la distinction au devis.
  • Une réserve porte un numéro, une description et une date de levée.
  • Dix jours ouvrés, puis acceptation tacite : c'est la clause qui referme les projets.

Klevor garde le cahier de recette, les réserves et le procès verbal signé à côté du dossier, et déclenche la facture de solde à la date de la recette. Essayer Klevor quatorze jours et refermez vos projets pour de bon.