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Production et process 5 min de lecture

Trello en agence : jusqu'où il tient

Trello a un mérite que peu d'outils partagent : on l'adopte sans formation. Une équipe de six personnes s'y met en une heure, ce qui vaut mieux qu'un outil complet que personne n'ouvre. La question n'est donc pas de savoir s'il est bon, mais jusqu'où il porte une agence.

Voici la structure qui fonctionne, les quatre limites qu'on rencontre, et le signal qui indique qu'il est temps de passer à autre chose. Notre page sur la gestion de projet en agence traite du process indépendamment de l'outil.

La structure qui marche

Un tableau par client, pas par projet

C'est le choix le plus important, et le plus souvent mal fait. Un tableau par projet multiplie les espaces et disperse l'historique. Un client dure plusieurs années et plusieurs dossiers : c'est la bonne unité.

Des colonnes qui suivent vos étapes réelles

« À faire, en cours, terminé » ne dit rien d'utile. Les colonnes doivent refléter votre production :

  • À cadrer
  • En production
  • En attente client
  • Validé
  • Facturé

La colonne « en attente client » est celle qui change tout. Elle sépare ce qui est bloqué chez vous de ce qui est bloqué chez eux, et elle rend visible, d'un coup d'œil, le vrai motif d'un retard.

Une carte par livrable, pas par tâche

Une carte « maquette page d'accueil » avec une liste de contrôle interne vaut mieux que huit cartes de sous-tâches. Le tableau reste lisible, et il parle le même langage que le devis.

Des dates d'échéance, systématiquement

Une carte sans date n'apparaît nulle part et n'existe pas. C'est la discipline minimale, et la seule qui compte vraiment.

Ce que Trello fait très bien

  • L'adoption. Personne n'a besoin d'une formation, ce qui n'est vrai d'aucun outil complet.
  • La visibilité immédiate. Un tableau affiché sur un écran dit l'état d'un client en trois secondes.
  • La souplesse. Ajouter une colonne prend cinq secondes et ne demande l'autorisation de personne.
  • Le coût. La formule gratuite couvre une petite équipe sans restriction gênante sur l'essentiel.

Les quatre limites en agence

Le client ne peut pas y entrer

C'est la limite de fond. Un tableau contient des commentaires internes, des estimations, des remarques. L'ouvrir au client suppose de surveiller tout ce qu'on y écrit, ce que personne ne fait durablement.

Résultat : le client reste dehors, et il continue de demander par courriel. Un espace client résout ce point en séparant les deux plans.

Rien ne relie le travail au budget

Trello ignore combien vous avez vendu. Vous verrez que six cartes sur dix sont validées, jamais que le dossier a consommé quatorze jours pour dix vendus. Les extensions de suivi du temps existent, mais elles ne rejoignent pas un montant vendu.

Pas de vision transversale

Un tableau montre un client. Il ne montre pas la charge de l'équipe la semaine prochaine, ni les échéances de tous les dossiers, ni qui est disponible. Sur quinze tableaux, cette vision manque exactement au moment où l'on en a besoin.

La dérive silencieuse

Au bout d'un an, les tableaux ne se ressemblent plus : chacun a créé ses colonnes, ses étiquettes, ses conventions. Ce n'est pas un défaut de l'outil, c'est le prix de sa souplesse, et cela impose une remise en ordre annuelle.

Les extensions qui valent la peine

Trois seulement, et il vaut mieux s'y tenir.

  • Le calendrier, pour voir les échéances autrement qu'en colonnes.
  • Un suivi du temps, si vous ne le faites nulle part ailleurs.
  • Les cartes liées, pour rattacher un livrable à sa validation.

Chaque extension supplémentaire ajoute une couche que personne ne maintiendra. Un Trello chargé de dix modules coûte le prix d'un vrai outil sans en avoir la cohérence.

Les conventions à écrire une fois

La souplesse de l'outil est sa qualité et son risque. Quatre conventions, écrites sur une carte épinglée en tête de tableau, suffisent à tenir plusieurs années.

  • Les étiquettes ont un sens fixe et le même partout : une couleur pour l'urgence, une pour le type de livrable. Pas de couleur décorative.
  • Une carte a toujours un responsable, même quand tout le monde sait de qui il s'agit. Six mois plus tard, personne ne le sait plus.
  • On archive, on ne supprime pas. Une carte supprimée emporte son historique de commentaires, qui est souvent la seule trace d'une décision.
  • Un tableau modèle sert de base à chaque nouveau client. C'est ce qui empêche quinze tableaux de diverger.

Ces quatre lignes prennent dix minutes à écrire et évitent la remise à plat annuelle qui décourage tout le monde.

Le signal de départ

Un seul, et il se produit devant témoin : un client vous demande où en est son dossier, et vous devez ouvrir trois outils pour lui répondre. Le tableau pour l'avancement, le tableur pour le budget, la boîte mail pour la dernière validation.

Deux autres signaux, plus discrets. Vous ne savez pas dire quels dossiers sont rentables sans une demi-heure de calcul. Et vous passez plus d'une heure par semaine à recopier des informations d'un outil vers un autre, ce qui représente six jours par an.

Partir proprement

Si vous quittez Trello, faites-le en fin de trimestre et n'emportez pas l'historique. Reprenez les dossiers actifs, les échéances à venir et les clients en cours : le reste s'exporte et s'archive.

Gardez la structure de colonnes qui fonctionnait. Un outil plus complet ne doit pas vous faire perdre ce que vous aviez trouvé de juste, à commencer par la colonne « en attente client ».

Ce qu'il faut retenir

  • Un tableau par client, une carte par livrable, une date sur chaque carte.
  • La colonne « en attente client » est celle qui rend les retards lisibles.
  • Trello ne peut pas accueillir le client, et il ignore le budget vendu.
  • Trois extensions au maximum, sinon vous payez le prix d'un vrai outil.
  • Le signal de départ : trois outils ouverts pour répondre à une question simple.

Klevor garde ce que Trello a de bon, l'avancement lisible en colonnes, et y ajoute ce qui lui manque : le devis, le temps passé, la facture et un espace où le client trouve ses réponses seul. Essayer Klevor quatorze jours sur un client, en parallèle de votre tableau actuel.