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Facturation et trésorerie 4 min de lecture

Lettre de relance de facture impayée : trois modèles

Une relance par courrier n'a pas le même effet qu'un courriel, et ce n'est pas une question de politesse. Le courrier laisse une trace opposable, il change de destinataire dans l'entreprise, et le dernier de la série ouvre la voie au recouvrement. C'est une escalade, et elle se joue en trois temps.

Voici les trois lettres, ce qui les distingue, et le moment où chacune part. Notre page sur la facturation en agence de communication traite de ce qui se passe en amont, quand la facture part.

Le premier courrier : le rappel

Il part sept jours après l'échéance, en courrier simple ou en pièce jointe d'un courriel. Il ne réclame pas, il rappelle. À ce stade, la cause la plus fréquente d'un impayé reste l'oubli.

Objet : facture n° 2026-0217 du 15 mars, échue le 14 avril

Madame, Monsieur,

Sauf erreur de notre part, notre facture n° 2026-0217 d'un montant de 4 320 € TTC, échue le 14 avril, demeure impayée à ce jour. Vous en trouverez une copie jointe.

Si le règlement a été effectué entre-temps, nous vous prions de ne pas tenir compte de ce courrier. Dans le cas contraire, nous vous remercions de bien vouloir procéder au paiement sous huit jours.

Si un point du dossier appelle une précision de notre part, nous restons à votre disposition.

La dernière phrase est celle qui fait son travail : elle invite le client à dire ce qui bloque. Un tiers des impayés sont en réalité des contestations que personne n'a formulées.

Le deuxième courrier : la relance ferme

Il part quinze jours après le premier, en recommandé avec accusé de réception. Le changement de canal est le message : la relation passe du commercial à l'administratif.

Objet : deuxième relance, facture n° 2026-0217 échue le 14 avril

Madame, Monsieur,

Malgré notre rappel du 21 avril, notre facture n° 2026-0217, d'un montant de 4 320 € TTC, reste impayée à ce jour, soit trente-cinq jours après son échéance.

Nous vous rappelons que, conformément aux conditions figurant à notre devis du 2 mars, tout retard de paiement entraîne l'application de pénalités calculées au taux directeur de la Banque centrale européenne majoré de dix points, ainsi qu'une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 €.

Nous vous demandons de procéder au règlement sous dix jours. À défaut, nous serons contraints d'engager la procédure de recouvrement.

Deux éléments comptent ici. Le rappel des pénalités, qui suppose qu'elles figurent au devis, et la mention d'un délai précis avec une conséquence nommée. Un ultimatum sans date n'en est pas un.

Le troisième courrier : la mise en demeure

Elle part dix à quinze jours après la relance ferme, en recommandé avec accusé de réception, obligatoirement. C'est un acte juridique : elle fait courir les intérêts et elle conditionne la suite.

Objet : mise en demeure de payer, facture n° 2026-0217

Madame, Monsieur,

Par la présente, nous vous mettons en demeure de nous régler la somme de 4 320 € TTC correspondant à notre facture n° 2026-0217 du 15 mars, échue le 14 avril, majorée de 40 € au titre de l'indemnité forfaitaire de recouvrement et de 78 € de pénalités de retard arrêtées au 20 mai, soit un total de 4 438 €.

À défaut de règlement intégral dans un délai de huit jours à compter de la réception de la présente, nous saisirons la juridiction compétente et engagerons une procédure d'injonction de payer, sans nouvel avis.

Fait à Bordeaux, le 20 mai 2026.

Trois mentions rendent ce courrier valable : le mot « mise en demeure », le montant exact réclamé, et un délai chiffré assorti de la suite annoncée. Sans elles, c'est une relance de plus.

Le calendrier

  • J + 7 après l'échéance : rappel, courriel ou courrier simple.
  • J + 22 : relance ferme en recommandé, avec le rappel des pénalités.
  • J + 35 : mise en demeure en recommandé.
  • J + 45 : injonction de payer, ou remise du dossier à un cabinet de recouvrement.

Ce rythme n'a rien d'agressif : il est simplement tenu. Une agence qui relance au bout de trois mois passe pour désorganisée, ce qui n'incite personne à la payer en priorité.

Ce qu'il ne faut pas écrire

  • Une menace qu'on n'exécutera pas. Annoncer une procédure et ne rien faire enseigne au client que vos courriers ne comptent pas.
  • Un reproche personnel. Vous écrivez à une société, pas à quelqu'un qui vous aurait déçu.
  • Une remise spontanée pour débloquer. Elle transforme l'impayé en négociation, et le prochain client apprendra vite.

Après la mise en demeure

Deux voies, selon le montant. En dessous de 5 000 euros, la procédure simplifiée par commissaire de justice va vite et coûte peu. Au-delà, l'injonction de payer devant le tribunal de commerce reste la voie la plus directe, sur la base de la facture, du devis signé et des courriers envoyés.

C'est là que les accusés de réception prennent leur valeur. Un dossier d'impayé se gagne avec des preuves de date, pas avec des souvenirs.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois courriers, trois tons, trois canaux : rappel, relance ferme, mise en demeure.
  • Le recommandé n'est pas une formalité : c'est ce qui date la réclamation.
  • Rappelez les pénalités dès le deuxième courrier, à condition qu'elles figurent au devis.
  • Une mise en demeure porte son nom, un montant exact et un délai chiffré.
  • Ne menacez que de ce que vous ferez.

Klevor suit vos échéances, sort la relance au bon jour avec le bon ton et garde la trace de chaque envoi à côté de la facture. Le jour où il faut monter un dossier, tout y est. Essayer Klevor quatorze jours et reprenez la main sur vos impayés.