Un logiciel libre ne coûte rien en licence et beaucoup en attention. C'est un
arbitrage parfaitement défendable, à condition de le faire les yeux ouverts :
l'économie se compte en euros, la dépense se compte en heures, et ce ne sont pas
les mêmes personnes qui paient.
Voici ce que le libre apporte réellement à une agence, ce qu'il exige, et les
cas où il est le bon choix. Notre page sur la
gestion de projet en agence traite du
process en amont du choix d'outil.
Ce que l'open source apporte
- La maîtrise des données. Elles sont sur votre serveur, dans
une base que vous pouvez lire. Aucune question de transfert hors de l'Union
européenne, aucune dépendance à la politique tarifaire d'un éditeur.
- Aucun coût par utilisateur. C'est décisif pour une
structure qui grandit vite ou qui travaille avec beaucoup d'intervenants
extérieurs.
- La réversibilité. Vous pouvez exporter, migrer, forker.
Le risque d'être coincé dans un outil est réel, et le libre le supprime.
- L'adaptation. Un champ, un statut, un workflow spécifique :
tout se modifie, pour peu qu'on ait la compétence.
Les solutions sérieuses
Quatre familles, selon ce qu'on cherche.
- OpenProject — le plus complet côté planification :
diagramme de Gantt, jalons, budgets, suivi du temps. C'est aussi le plus lourd
à installer et à maintenir.
- Redmine — l'ancien, robuste, extensible par greffons. Son
interface a vieilli, mais il tourne des années sans surprise.
- Taiga — orienté équipes agiles, agréable à utiliser, moins
outillé sur le suivi budgétaire.
- Kanboard, Vikunja, Focalboard — légers, rapides à
déployer, parfaits pour des tâches partagées et rien de plus.
Aucun de ces outils n'est pensé pour une agence : ils viennent du monde du
développement logiciel. Ils gèrent très bien les tâches et les tickets, et ils
ignorent le devis, la facture et l'espace client.
Le coût réel de l'auto-hébergement
C'est la partie qu'on découvre après. Cinq postes, à évaluer avant de
décider.
- Le serveur — 20 à 60 euros par mois pour une machine
correcte, sauvegardes comprises.
- L'installation — une demi-journée à deux jours selon
l'outil et la compétence disponible.
- Les mises à jour — quelques heures par trimestre, davantage
lors des montées de version majeures, qui cassent parfois les greffons.
- Les sauvegardes et leur restauration — une sauvegarde
jamais testée n'existe pas. Comptez une vérification par trimestre.
- La sécurité — correctifs, certificats, accès. C'est le
poste qu'on oublie, et le seul qui puisse coûter très cher.
Total réaliste pour une agence de dix personnes : entre 1 500 et 3 000 euros
par an en temps interne, hors serveur. À comparer avec un abonnement, pas avec
zéro.
L'option hébergée par l'éditeur
La plupart de ces projets proposent une version hébergée, payante, avec
support. C'est souvent le meilleur compromis : vous gardez la liberté de
récupérer vos données et de migrer, sans porter l'exploitation.
Le prix se rapproche alors d'un logiciel propriétaire, et la comparaison
redevient honnête : elle porte sur les fonctions, pas sur la licence.
Quand le libre est le bon choix
- Vous avez la compétence en interne, et elle est
disponible. Une agence de développement est dans ce cas ; une agence de
création rarement.
- Vos clients l'exigent. Certains marchés publics ou secteurs
sensibles imposent une localisation et une maîtrise des données.
- Vous avez besoin d'une adaptation qu'aucun éditeur ne
fera.
- Vous travaillez avec beaucoup d'intervenants externes, et
le coût par utilisateur devient un frein réel.
Quand il ne l'est pas
Trois situations, et elles sont majoritaires.
- Personne n'est propriétaire du sujet. Un outil libre sans
responsable désigné devient un serveur non mis à jour en dix-huit mois.
- Le besoin est métier, pas technique. Aucun de ces outils ne
relie un devis signé à une facture. Il faudra un second outil, et l'économie
disparaît.
- L'équipe n'est pas technique. L'adoption prime sur les
fonctions : un outil que personne n'ouvre ne coûte rien et ne sert à rien.
Les questions à se poser avant de déployer
Un déploiement réussi tient à des décisions prises avant l'installation, pas
après.
- Qui est responsable de l'outil ? Une personne nommée, avec
du temps identifié. Sans réponse à cette question, ne commencez pas.
- Quelle version installe-t-on, et pour combien de temps ?
Préférez une version bénéficiant d'un support long plutôt que la plus
récente.
- Où et comment sauvegarde-t-on ? Hors du serveur de
production, avec une restauration testée avant la mise en service.
- Que fait-on des greffons ? Chacun est une dépendance qui
peut ne pas suivre la prochaine montée de version. Trois au maximum.
- Comment ouvre-t-on l'accès aux externes ? Freelances,
clients, partenaires : la réponse conditionne la configuration réseau et la
charge de sécurité.
Cinq questions, une réunion d'une heure. Une agence qui ne peut pas y répondre
n'a pas besoin d'un outil libre : elle a besoin d'un outil qu'elle n'a pas à
exploiter.
Le point de comparaison honnête
La bonne question n'est pas « libre ou propriétaire », mais « combien d'outils
me faudra-t-il ». Un outil libre de gestion de tâches plus un logiciel de
facturation plus un espace client fait trois outils, trois abonnements ou trois
maintenances, et deux ressaisies.
Une agence perd davantage dans les transferts d'information entre outils que
dans le prix des licences. C'est ce que règle un
outil qui porte le dossier de bout en bout, du devis à la
facture.
Ce qu'il faut retenir
- Libre ne veut pas dire gratuit : comptez 1 500 à 3 000 euros par an en
temps interne.
- OpenProject pour la planification, Redmine pour la robustesse, Kanboard
pour la simplicité.
- Ces outils viennent du développement logiciel : ils ignorent le devis et la
facture.
- La version hébergée par l'éditeur est souvent le bon compromis.
- Sans responsable désigné, un outil auto-hébergé se dégrade en dix-huit
mois.
Klevor porte le dossier complet, du devis signé à la facture encaissée, avec un
espace client inclus et vos données hébergées dans l'Union européenne.
Essayer Klevor quatorze jours et comptez le nombre d'outils
que vous pourriez arrêter.