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Facturation et trésorerie 7 min de lecture

Relance de facture impayée : les modèles et la méthode

Une facture impayée sur trois le reste parce que personne n'a relancé. Pas parce que le client refuse de payer, pas parce qu'il conteste : parce que la relance n'a jamais été envoyée, ou qu'elle est partie une fois, mollement, trois semaines après la date d'échéance. Dans une agence, cette relance tombe entre deux chaises : le commercial ne veut pas abîmer la relation, le dirigeant a autre chose à faire, et personne ne tient le compte.

Voici trois modèles de lettre de relance, du rappel courtois à la mise en demeure, avec ce qu'il faut écrire dedans et surtout quand les envoyer. Le reste de cet article explique la mécanique : ce qui rend une relance efficace, à quel moment elle bascule dans le juridique, et comment tenir tout cela sans y passer ses vendredis. Si le sujet vous intéresse plus largement, notre page sur la facturation en agence de communication couvre les acomptes et les échéanciers.

Quand envoyer une relance pour facture impayée

Le calendrier compte plus que le texte. Une relance envoyée le lendemain de la date d'échéance obtient un règlement dans les jours qui suivent ; la même lettre envoyée six semaines plus tard obtient une négociation.

Le rythme qui fonctionne tient en quatre temps :

  • J-3 avant l'échéance : un rappel de courtoisie. Ce n'est pas encore une relance, c'est une prévenance. Elle règle à elle seule une bonne partie des retards d'inattention.
  • J+1 après la date d'échéance : la première relance, par courriel. Ton neutre, aucune accusation.
  • J+15 : la deuxième relance, avec les pénalités de retard mentionnées. On rappelle qu'elles courent, sans encore les appliquer.
  • J+30 : la mise en demeure, par lettre recommandée avec accusé de réception. C'est le dernier acte amiable, et le premier qui compte juridiquement.

Au-delà de J+45 sans réponse, la question n'est plus la relance mais la procédure de recouvrement. Nous y venons.

Modèle 1 : la première relance, par courriel

Court, factuel, sans reproche. Le client a probablement oublié, ou la facture est bloquée dans un circuit de validation dont il ignore lui-même le détail.

Objet : Facture n° 2026-0142 — échéance du 15 septembre

Bonjour [Prénom],

Sauf erreur de notre part, la facture n° 2026-0142 d'un montant de 2 880 € TTC, échue le 15 septembre, ne nous est pas encore parvenue.

Vous la trouverez en pièce jointe. Si le règlement est déjà parti, merci de ne pas tenir compte de ce message.

Bien à vous,

La formule sauf erreur de notre part n'est pas une politesse creuse : elle offre une porte de sortie honorable, et c'est souvent ce qui déclenche la réponse. Joindre à nouveau la facture supprime le dernier prétexte possible.

Modèle 2 : la deuxième relance, avec les pénalités de retard

Quinze jours plus tard, le ton se ferme d'un cran. On rappelle le cadre légal sans encore le brandir.

Objet : Facture n° 2026-0142 — deuxième relance

Bonjour [Prénom],

Notre facture n° 2026-0142, d'un montant de 2 880 € TTC, était payable au 15 septembre. Elle demeure impayée à ce jour, malgré notre message du 16 septembre.

Nous vous rappelons que, conformément à nos conditions générales et à l'article L.441-10 du code de commerce, tout retard de paiement entraîne l'application de pénalités de retard ainsi qu'une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 €.

Nous vous remercions de procéder au règlement sous huit jours, ou de nous indiquer la date à laquelle il interviendra.

Ce que dit la loi sur les pénalités de retard

Elles sont dues de plein droit, sans qu'un rappel soit nécessaire, dès le lendemain de la date d'échéance. Leur taux figure obligatoirement sur la facture ; à défaut de mention, c'est le taux directeur de la Banque centrale européenne majoré de dix points qui s'applique. L'indemnité forfaitaire de 40 € s'y ajoute, par facture, et non par relance.

Beaucoup d'agences ne les réclament jamais, par crainte de froisser. C'est un choix qui se défend commercialement. Mais les mentionner dans la deuxième relance change la conversation : le client comprend que le retard a un coût, même si vous renoncez ensuite à le facturer.

Modèle 3 : la mise en demeure de payer

La mise en demeure n'est pas une relance plus sévère : c'est un acte juridique. Elle fait courir les intérêts moratoires et conditionne la suite de la procédure de recouvrement. Elle s'envoie par lettre recommandée avec accusé de réception, et elle doit porter la mention explicite.

Objet : Mise en demeure de payer — facture n° 2026-0142

Madame, Monsieur,

Malgré nos relances des 16 et 30 septembre, notre facture n° 2026-0142, d'un montant de 2 880 € TTC arrivée à échéance le 15 septembre, demeure impayée.

Par la présente, nous vous mettons en demeure de procéder à son règlement intégral dans un délai de huit jours à compter de la réception de ce courrier.

À défaut, nous nous réservons le droit d'engager une procédure de recouvrement judiciaire, notamment par voie d'injonction de payer, sans nouvel avertissement.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de nos salutations distinguées.

Quelle est la différence entre une relance et une mise en demeure

Une relance rappelle. Une mise en demeure somme. Concrètement, trois choses les séparent :

  • La mise en demeure porte les mots mise en demeure. Sans eux, elle n'a pas cette valeur, quelle que soit sa fermeté.
  • Elle fixe un délai précis, généralement huit jours.
  • Elle part en recommandé avec accusé de réception, seul moyen de prouver la date de réception devant un juge.

C'est cette date qui ouvre la porte à l'injonction de payer, procédure rapide et peu coûteuse devant le tribunal de commerce, qui ne demande ni avocat ni audience quand la créance n'est pas contestée.

Que faire si le client ne répond pas après plusieurs relances

Trois voies, par ordre de coût croissant.

L'appel téléphonique. Sous-estimé, et pourtant le plus efficace des trois. Un courriel s'ignore ; un appel oblige à formuler une raison. Neuf fois sur dix, cette raison est administrative — une facture perdue dans un circuit de validation, un bon de commande manquant, un changement d'interlocuteur à la comptabilité — et se règle en dix minutes.

La société de recouvrement. Elle prend entre 10 et 20 % de la somme recouvrée. Le calcul est simple : au-delà de trois mois de retard, 80 % d'une créance valent mieux que 100 % d'une créance qu'on ne verra jamais.

L'injonction de payer. Environ 35 € de frais de greffe pour une créance commerciale. La requête se dépose en ligne, et l'ordonnance rendue a force exécutoire. C'est la voie la moins chère quand la créance est certaine et non contestée.

Le vrai sujet n'est pas la lettre, c'est le suivi

Une agence qui suit dix clients émet une trentaine de factures par trimestre. Savoir laquelle est échue, depuis combien de jours, et si elle a déjà été relancée, ne tient pas dans une tête. Ni dans un tableur qu'on ouvre le vendredi quand on y pense.

Ce qui fonctionne tient en trois habitudes :

  • Un état des créances à date, consultable en trois secondes : ce qui est échu, depuis quand, pour quel montant.
  • Une trace de chaque relance, avec sa date. Sans elle, la mise en demeure ne peut pas s'appuyer sur les précédentes, et vous relancez deux fois le même client la même semaine.
  • Un déclencheur automatique, pas un rappel dans un agenda. La relance qui dépend de la mémoire de quelqu'un est celle qui ne part pas.

C'est exactement ce que Klevor tient à votre place : chaque facture porte son échéance, l'écran de facturation range les créances par âge, et les relances laissent leur trace dans le dossier du client. Vous voyez d'un coup d'œil qui doit quoi, et depuis combien de temps.

Trois erreurs qui coûtent cher

Attendre pour ne pas froisser

Relancer au bout de trois jours n'a jamais fâché personne. Relancer au bout de deux mois, en revanche, oblige à mettre les formes, et transforme un rappel en négociation. La courtoisie précoce coûte moins que la fermeté tardive.

Relancer sans conditions générales

Les pénalités de retard et l'indemnité de 40 € ne se réclament solidement que si les conditions générales de vente les prévoient et si elles ont été acceptées. C'est le devis signé qui les emporte : sans lui, la mise en demeure repose sur le seul code de commerce, et le rapport de force change.

Ne rien facturer d'avance

Un acompte de 30 % à la commande n'empêche pas l'impayé, mais il en divise le montant, et il filtre les clients qui n'avaient pas de budget. Les agences qui souffrent le moins des retards sont celles qui encaissent avant de produire.

Ce qu'il faut retenir

  • Relancez à J+1, pas à J+30. La rapidité vaut plus que la fermeté.
  • Trois niveaux : rappel courtois, relance avec pénalités, mise en demeure en recommandé.
  • La mise en demeure doit porter son nom et fixer un délai.
  • Un appel téléphonique règle la plupart des cas avant le juridique.
  • Tenez la trace de chaque relance : c'est elle qui fonde la suivante.

Vos factures échues vous coûtent plus que le temps que vous mettez à les relancer. Klevor range vos créances par âge, garde la trace de chaque relance et vous dit chaque matin qui doit quoi. Essayer Klevor quatorze jours, sans engagement, et voyez en une semaine combien de retards tenaient simplement à un oubli.